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Les acteurs du tourisme durable coordonnent la transition à l’échelle du territoire

Élise Bourdelles 7 min de lecture
Acteurs du tourisme durable : coordination et suivi de la chaîne de valeur sur le territoire

Les acteurs du tourisme durable ne se limitent ni aux hébergements écologiques ni aux agences de voyage responsables. Ils forment une chaîne de valeur complète : destinations, restaurateurs, sites de visite, transporteurs, prestataires d’activités, collectivités, habitants, organismes de formation et réseaux professionnels. Tous peuvent réduire les impacts du tourisme et renforcer ses retombées locales, sociales et économiques.

Qui compose la chaîne de valeur du tourisme durable ?

Un acteur du tourisme durable est une structure ou une personne capable de faire évoluer la manière de concevoir, vendre, accueillir ou vivre un séjour. Il n’est pas nécessaire d’être déjà exemplaire. Une démarche peut commencer par un diagnostic, une première action mesurable et un échange avec d’autres professionnels. La démarche de progrès concerne donc aussi bien les structures avancées que celles qui amorcent leur transition.

Acteurs du tourisme durable et chaîne de valeur d’une destination touristique
Acteurs du tourisme durable et chaîne de valeur d’une destination touristique

Les professionnels au contact direct des visiteurs

Hébergeurs, campings, restaurateurs, guides, loueurs, gestionnaires de sites culturels ou naturels, agences de voyage et tour-opérateurs agissent directement sur l’expérience proposée. Ils peuvent maîtriser les consommations d’eau et d’énergie, réduire les déchets, privilégier des fournisseurs locaux, adapter l’information destinée aux clients ou améliorer l’accessibilité de leurs services.

Leur rôle est aussi pédagogique. Les visiteurs adoptent plus facilement des pratiques sobres lorsqu’elles sont simples, visibles et intégrées au séjour. Une information sur les espaces sensibles, une solution de mobilité sans voiture ou un accès clairement indiqué à une fontaine à eau peuvent modifier les comportements sans dégrader l’expérience.

Les structures qui organisent et accompagnent l’offre

Les offices de tourisme, agences départementales, comités régionaux, organismes de formation, consultants, médias spécialisés et associations contribuent à structurer l’offre. Ils rendent les initiatives plus lisibles, diffusent des méthodes, relient les professionnels et facilitent la montée en compétences.

Les collectivités peuvent coordonner les priorités à l’échelle d’une destination : mobilité, fréquentation, biodiversité, gestion de l’eau, saisonnalité ou emploi local. Elles associent ainsi les professionnels, les habitants et les organismes d’accompagnement à une vision commune du tourisme.

Comprendre le rôle des réseaux et organismes de référence

Un réseau ne remplace pas l’action de terrain. Il évite toutefois à chaque structure de repartir de zéro. Il apporte des ressources, des retours d’expérience, des temps de rencontre et parfois une représentation auprès des institutions et des médias. Selon le profil de l’organisation, les interlocuteurs utiles varient.

Réseau ou organisme Public principal Apport utile
Acteurs du Tourisme Durable (ATD) Professionnels et institutions de la chaîne touristique Mise en réseau, partage de pratiques, événements, groupes de travail et représentation sectorielle
ADEME Collectivités et entreprises Guides, méthodes et conseils pour engager une transition environnementale
ADN Tourisme Organismes institutionnels du tourisme Échanges entre destinations et ingénierie touristique ; le réseau regroupe 1 200 institutionnels
Agir pour un tourisme responsable (ATR) Professionnels du voyage Références et mobilisation autour du voyage responsable ; l’association est active depuis 2004
Parcs et Grands Sites Territoires naturels et gestionnaires de sites Conciliation entre accueil, préservation des patrimoines et développement local

Le réseau Acteurs du Tourisme Durable fédère près de 300 membres actifs issus de métiers variés. Il s’adresse aux organisations déjà engagées comme à celles qui commencent leur transition. Rejoindre une communauté professionnelle permet de confronter ses choix à des solutions éprouvées, d’identifier des partenaires et de gagner du temps dans la mise en œuvre.

Passer d’un engagement affiché à une démarche crédible

Le tourisme durable recouvre plusieurs notions proches. Le tourisme responsable met l’accent sur les choix des professionnels et des voyageurs. L’écotourisme se rattache davantage à la découverte et à la protection des milieux naturels. Une démarche territoriale porte sur l’organisation collective d’une destination. Dans tous les cas, la cohérence des actions compte davantage qu’une communication isolée.

Choisir des priorités mesurables

Une structure a intérêt à partir de ses impacts les plus concrets : eau, énergie, déchets, achats, mobilité, biodiversité, accessibilité ou conditions de travail. Elle n’a pas besoin de tout traiter en même temps. Quelques indicateurs suivis dans la durée suffisent pour commencer. Cette méthode facilite les arbitrages et évite les actions symboliques sans effet réel.

Une démarche opérationnelle repose sur un périmètre défini, des objectifs précis, des personnes responsables et un calendrier de bilan. Un hôtel peut consacrer un premier cycle au linge, aux fuites d’eau et au tri. Un site de visite peut travailler sur les flux de visiteurs, la signalétique et les achats. Une destination peut examiner les liaisons sans voiture entre la gare, les hébergements et les activités. Ce format transforme un enjeu vaste en décisions vérifiables avant d’élargir le programme.

Les labels comme repères, pas comme point final

L’Écolabel européen peut structurer le management environnemental d’un hébergement ou d’un autre service touristique. Selon l’ADEME, les structures labellisées ont réalisé dès la première année 34 % d’économies d’eau et jusqu’à 17 % d’économies d’énergie. Ces résultats montrent l’intérêt d’un cadre exigeant. Un label ne dispense toutefois pas d’écouter les habitants, de travailler l’inclusion ni de maîtriser les effets de la fréquentation.

D’autres démarches peuvent compléter cette approche : RSE, économie circulaire, Charte européenne du tourisme durable ou projet d’écologie touristique et territoriale. Le choix dépend du métier, du territoire, des ressources internes et de la capacité à suivre les engagements annoncés. La transparence sur les points restant à améliorer renforce souvent davantage la confiance qu’un discours de perfection.

Mobiliser un territoire autour d’objectifs communs

La fragmentation freine la transition touristique. Un hébergeur peut réduire ses consommations, mais son action gagne en portée si les restaurateurs, lieux de visite, transporteurs et collectivités poursuivent des objectifs compatibles. La collectivité joue alors un rôle d’animation et de coordination, au-delà de la simple prescription.

Créer une dynamique de coopération utile

La première étape consiste à cartographier les acteurs, leurs actions existantes et leurs difficultés communes. Des ateliers courts peuvent ensuite faire émerger des priorités : gestion des biodéchets, limitation des plastiques à usage unique, approvisionnement local, mobilité des saisonniers, préservation des sentiers ou accueil des publics en situation de handicap.

Mutualiser un diagnostic, une formation ou un achat réduit les coûts et crée des habitudes de travail communes. Cette coopération peut aussi associer les parcs, les associations environnementales, les organismes de formation et les habitants lorsque les décisions concernent les ressources ou les espaces partagés.

Les visiteurs doivent également être intégrés à la démarche. Une consigne formulée au moment de la réservation, un itinéraire sans voiture, des fontaines à eau signalées ou une information sur les espaces sensibles influencent les pratiques. La sensibilisation fonctionne mieux lorsqu’elle propose une solution concrète plutôt qu’une injonction.

Où trouver des ressources et valoriser son engagement ?

Les professionnels peuvent s’appuyer sur les guides et méthodes de l’ADEME, les communautés métier et les réseaux territoriaux. Formations, webinaires, groupes de travail, Meet-Ups, cycles de conférences et retours d’expérience permettent de comparer les solutions, d’éviter certaines erreurs et de suivre les évolutions du secteur.

Pour valoriser ses engagements, une structure doit rendre compte de faits précis : actions engagées, partenaires locaux, critères de sélection, résultats suivis et prochaines étapes. Une page dédiée, des informations cohérentes sur les canaux de réservation et un discours maîtrisé par les équipes sont plus utiles qu’une promesse vague de « séjour vert ».

Participer à un réseau, à un événement professionnel ou à des initiatives telles que les Trophées Horizons peut donner de la visibilité à une démarche solide. Cette visibilité repose toutefois sur des éléments vérifiables et sur une information identique quel que soit le point de contact avec le client.

Enfin, l’adhésion à un réseau est utile lorsqu’elle nourrit l’action quotidienne. Avant de solliciter un accompagnement, il est préférable de préciser son besoin : structurer une feuille de route, préparer une labellisation, mobiliser des prestataires, former les équipes ou améliorer sa communication. Cette clarté aide à choisir les bonnes ressources et transforme l’engagement en progrès durable.

Élise Bourdelles

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